Qu’est-ce qui m’est resté de Toulouse?

De Toulouse, il m’est resté l’occitan. La langue occitane, la musique occitane, les Occitans. Il m’est resté le miel d’oranger.

Qu’est-ce qui m’est resté d’Arles?

D’Arles il me sont resté des crèches.

Il m’est resté une conviction que les gens les plus intéressants sont ceux qui s’occupent des livres.

Il me sont restés les odeurs du marché.

Il m’est resté la vérité: comment c’est quand “les touristes, touristes par-tis!”

Il m’est resté la chanson “On va dîner chez Maxim’s”

Il m’est resté le premier contact avec la culture chinoise.

Il m’est resté le tableau de Van Gogh “La nuit étoilée”

Il m’est resté le buste de César.

 

Qu’est-ce qui m’est resté de Strasbourg?

De Strasbourg, il me sont restés des amis.

Le vélo. L’art rhénane qui a sa beauté.

Il m’est restée ma 33e année, marquée à jamais.

Il m’est resté la chanson “People who need people” de barbra Streisand.

Il sont restés des gens dont j’ai fait connaissance (l’Hongroise)

Il m’est resté l’expo “Métissage” grâce à laquelle j’ai connu Al-Andalouz.

A Strasbourg j’ai arrêté de regarder la télé.

Il m’est resté Vouillard.

Il est resté la Corse.

Qu’est-ce qu’il m’est resté de la Corse?

Depuis, ici, tout le littoral adriatique me fait penser à Ajaccio! A la Corse!

La myrthe. Le cédrat. Les chants corses. Les Corses.

Qu’est-ce qui m’est resté d’Andalousie?

La beauté d’Alhambra et de ses jardins.

El azahar. Les orangers, les vrais!

Un peu de flamenco.

Les magasins comme à Trieste autrefois.

Une vraie casbah, là-haut.

Qu’est-ce qui m’est resté de Rome?

Cette sensation que moi j’y étais déjà venue avant.

Caravaggio.

Roma antique, centre de monde.

Qu’est-ce qui m’est resté de Firenze?

J’étudiais cela! Guelfi, ghibellini.

Qu’est-ce qui m’est resté de Padoue?

Je ne pouvais pas aller contre soi ni au prix de ma vie.

La bonté à l’hôpital.

L’ami au tulipe en bois. Des Siciliiennes, mes locataires.

Ausilia. Soeur Pierina.

La cassette audio avec des chansons enregistrées.

Les traductions des recits du peintre.

Une nouvelle, inconnue manière d’apprentissage du français. Le travail avec le dictionnaire.

Vasquez-Montalban, la langue portugaise. La storia medievale.

Et le déménagement en train à la station de Mestre.

Qu’est-ce qui m’est resté de Zagreb?

Les gens. Et mes gens d’ici que j’ai rendu heureux en les accueillant à Zagreb lorsqu’ils venaient me rendre visite.

Qu’est-qui m’est resté d’Opatija?

Etudier, étudier, même quand les autres sortent.

Apporter du bois pour le chauffage. Faire de la gym le matin, à tel point il faisait froid. La cuisinière au bois et la poêle. Etagère pour des livres en bois.

Jouer avec ma soeur benjamine avec le nounous lapin.

Lungomare.

Qu’est-ce qui m’est resté de Draga?

Grand-mère maternelle, grand-mère paternelle, Pepina...mes ancêtres.

Mon école primaire. Aller à pied jusqu’à Brsec pendant les vacances scolaires. Chant d’Istrie en costume folklorique. La nature. Les violettes, les cyclamens, un ruisseau, des cerisiers.

L’odeur de Moscenice. Les oeillets sauvags. Obrs.

Le regard de ma fenètre sur Cres et le prunier sauvage.

Vila Biser. L’escalier vers Moscenice. Iva. Les vieux grand-pères. Les femmes très agées qui allaient à pied.

Comme elle était belle, Draga de mon enfance.

La langue chacave (les poésies de Gervais)

Il m’est resté la mer, la plage aux galets, du poisson. Les gâteaux que je faisais. ---tkalka

Marcher en forêt. Notamment à Ucka.

La télé italienne, Anna Oxa et sa chanson “Voi”.

Le linge qui sèche dehors sur un fil.

____ pusca pour récupérer le linge qui tombe.

La vieille ville pleine de chats.

Le grenier. J’aime les greniers!

A Paris, tu as tout mais tu n’as pas la mer. Et ici à Rijeka dans le bus ligne 32 tu peux écouter deux marins raccontant leurs histoires de navigation.

Tu te rappelle, quand j’ai dit à Paris: Est-ce qu’il y a quelque chose en moi, au moins une seule chose qui m’est restée de la mer?”